Ubérisation au Maroc : la tension d’une transformation dans l’économie numérique

Ubérisation au Maroc : la tension d’une transformation dans l’économie numérique

Key Takeaways

Points Importants
L’ubérisation offre des opportunités d’inclusion
Le cadre juridique actuel est obsolète
Besoin d’une politique publique multisectorielle
Importance de soutenir les plateformes locales

Introduction

Alors qu’Uber s’apprête à revenir sur le marché marocain, un document du Policy Center for the New South, rédigé par l’économiste Ahmed Ouhnini, fait le point sur la situation des plateformes de VTC. Ce Policy Brief souligne les défis d’une révolution numérique freinée par un cadre juridique désuet et par un marché du travail informel. Il appelle à une politique publique qui transforme l’ubérisation en levier d’inclusion.

Évolution des Services Numériques

Dans les métropoles marocaines, les services comme la commande de véhicules ou de repas par application sont devenus courants. Cette transition, expliquée par Ahmed Ouhnini, est principalement due à l’usage croissant de ces technologies. Elle répond à une demande pour une expérience « instantanée, pratique et libre ».

Une nouvelle expérience de consommation

L’ubérisation va au-delà de la simple digitalisation des services. Elle crée une expérience qui est « moderne, fluide, et efficace », alignée sur les pratiques des grandes villes mondiales et favorisant l’ascension sociale.

Fracture Territoriale

Le phénomène est concentré dans des villes comme **Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger**, où la jeunesse connectée et l’infrastructure numérique créent un environnement propice. En revanche, les villes moyennes et les zones rurales sont marginalisées.

Inclusion et Informalité

Sur le plan économique, les plateformes permettent à des populations souvent exclues, comme les jeunes diplômés ou les femmes, de s’intégrer dans le circuit économique. Cependant, cela se passe dans un secteur marqué par l’informalité, entraînant des tensions pour les travailleurs vulnérables.

Le Conflit dans le Transport Urbain

La tension est particulièrement forte dans le secteur du transport, où le système des « grima » en vigueur depuis les années soixante montre ses limites. La venue de plateformes comme **Uber et Heetch** remet en question ce modèle archaïque, créant une insécurité juridique.

Appel à une Politique Publique

Ahmed Ouhnini plaide pour une véritable stratégie nationale pour encadrer l’ubérisation. Il suggère la création d’une instance dédiée pour identifier les métiers touchés et formaliser les conditions de travail. Cela permettrait d’assurer la protection des travailleurs et de réguler équitablement le marché.

Un Choix de Société

L’ubérisation ne doit pas être perçue simplement comme une question technologique, mais comme un choix sociétal. Le Maroc doit s’engager à encadrer cette transformation pour en faire un moteur de croissance inclusive.

Ahmed Ouhnini

Économiste au Policy Center for the New South.

FAQ

Qu’est-ce que l’ubérisation ?

L’ubérisation fait référence à l’impact des plateformes numériques sur les services traditionnels, notamment dans le secteur du transport.

Pourquoi est-elle problématique au Maroc ?

La réglementation actuelle ne correspond plus aux besoins des usagers, entraînant des tensions entre différents acteurs du marché.

Quels sont les enjeux pour le travailleur ?

Les travailleurs sont souvent exposés à des conditions précaires et manquent de protections adéquates.

Quelle est la solution proposée ?

Un cadre légal et une politique publique multisectorielle sont nécessaires pour réguler ces nouvelles formes de travail.



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