Noor III : Le CSP, une « tour » aux fondations fragiles révélées !

Noor III : Le CSP, une « tour » aux fondations fragiles révélées !

Points clés à retenir

Point importantDétails
Arrêt de Noor IIIProlongé depuis mars 2024 avec des pertes financières importantes.
Technologie CSPQualifiée d’embryonnaire, elle fait face à des défis techniques et opérationnels.
Impact sur le mix énergétiqueCompensé par d’autres sources, mais soulève des interrogations sur la fiabilité du modèle.
Coûts et concessionsLe modèle économique repose sur des subventions implicites et des coûts évités.

Une technologie remise en question

L’arrêt prolongé de la centrale Noor III soulève des doutes quant à la viabilité d’une technologie qualifiée d’« embryonnaire » dès son lancement par plusieurs experts. Depuis sa mise à l’arrêt en mars 2024, la centrale a engendré une perte de **509,5 millions de dirhams**. Masen, qui détient 25 % du projet, a à sa charge **127,37 MDH**.

Une promesse non tenue

Initialement, Noor III devait représenter l’avenir de l’électricité propre et stable, capable d’atténuer l’intermittence de l’énergie solaire. Cependant, des années après son lancement, **la technologie se révèle fragile** et nécessite régulièrement des surcoûts. La centrale, inaugurée avec éclat, est aujourd’hui immobilisée, victime d’une fuite dans son réservoir de sels fondus, élément essentiel pour le stockage thermique.

Origine des problèmes techniques

« La fuite est causée par des vibrations liées à la fatigue du matériel », explique un spécialiste. Initialement prévu pour redémarrer en novembre dernier, le fonctionnement de la centrale ne devrait reprendre qu’à la fin du mois d’avril de l’année prochaine.

Impact financier et économique

L’impact financier de cet arrêt prolongé compromet l’équilibre du projet. Noor III, avec une capacité de **150 MW**, joue un rôle crucial dans le mix énergétique national. Néanmoins, son absence ne déstabilise pas vraiment le réseau, car sa production est compensée par d’autres unités du complexe Noor ainsi que par des importations d’électricité.

Détails financiers

  • Coût de la perte liée à l’arrêt : **509,5 MDH**
  • Support financier de Masen : **127,37 MDH**
  • Prix de vente de l’électricité : **1,42 dirham/kWh**
  • Prix de rachat par l’ONEE : **0,85 dirham/kWh**

Analyse des revenus

Avec une production annuelle estimée à **570 GWh**, l’interruption de la centrale représente un coût évité de **325 MDH** pour Masen, soit un gain net de **197,63 MDH par an**. À l’échelle des quatre centrales du complexe Noor (560 MW), cet équilibre représente **728 MDH**, somme proche du déficit annuel de **800 MDH** rapporté dans le rapport du CESE.

Une technologie en quête de maturité

Les difficultés du CSP interrogent sur l’avenir de cette technologie. Bien que ses défenseurs aient souvent mis en avant sa capacité à gérer l’intermittence du solaire, la réalité des coûts et des défis techniques ternissent son attractivité.

Réflexions des experts

« Le CSP était à ses débuts une technologie en phase embryonnaire, et cela évolue. Il y aura toujours des énergies renouvelables avec des prix plus compétitifs. Le Maroc en fait les frais aujourd’hui », souligne Oussama Ouassini, analyste économique.

Conséquences à l’international

Au niveau mondial, le CSP peine à se développer. Des pays comme l’Espagne, les États-Unis et l’Australie ont abandonné ou ralenti des projets similaires, souvent à cause de coûts d’exploitation élevés et de problèmes techniques récurrents. Les solutions hybrides alliant photovoltaïque et batteries progressent rapidement, laissant présager que Noor III pourrait illustrer les faiblesses d’une technologie qui cherche encore sa voie.

FAQ

Quel est le problème principal de la centrale Noor III ?

La centrale souffre d’une fuite dans son réservoir de sels fondus, ce qui entraîne son arrêt prolongé.

Combien de temps la centrale est-elle à l’arrêt ?

Elle est à l’arrêt depuis mars 2024 et devrait redémarrer à la fin avril prochain.

Quel est l’impact économique de cet arrêt ?

L’arrêt a causé une perte de **509,5 millions de dirhams** pour le projet.

Quelles alternatives au CSP sont considérées ?

Les solutions hybrides combinant photovoltaïque et batteries gagnent en popularité et sont plus compétitives.



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