Foncier logistique : atout stratégique ou point faible décisif ?

Foncier logistique : atout stratégique ou point faible décisif ?

Points clés à retenir

AspectDétails
Problème principalPénurie de foncier et réglementation restrictive
Objectif de l’AMDL750 hectares de zones logistiques aménagées d’ici 2028
Investissements prévusPlus de 1,1 milliard de dirhams en 2024
Coût du foncierLimite la compétitivité des entreprises

Analyse du secteur logistique marocain

Le secteur logistique marocain se heurte à une difficulté essentielle : la disponibilité de terrains adaptés pour son développement. Le manque d’espaces adéquats et les réglementations strictes freinent la mise en place de nouvelles infrastructures. Dans ce contexte, l’AMDL (Agence Marocaine de Développement de la Logistique) a initié un programme ambitieux visant à transformer 750 hectares en zones logistiques d’ici 2028. Bien que des investissements publics et privés soient en hausse, des obstacles demeurent, tels que les coûts élevés des terrains et la proximité avec les infrastructures essentielles.

Le foncier comme premier enjeu
Le défi principal auquel est confronté ce secteur est le foncier. Le succès de l’établissement de plateformes logistiques dépend non seulement de la disponibilité des terrains, mais aussi de leur localisation, de l’accès aux axes routiers et de tarifs acceptables. Ces critères ont un impact direct sur la viabilité du secteur.

Les défis d’exploitation des terrains

  • Disponibilité et emplacement des terrains
  • Raccordement aux infrastructures de base
  • Tarification du foncier

Réponses des acteurs du secteur

Mehdi Bouamrani, directeur général de Dislog Group, a récemment partagé ses préoccupations sur la situation actuelle. Bien qu’il existe des espaces dans des zones industrielles comme à Aïn Sebaâ à Casablanca, leur exploitation n’est pas autorisée depuis plusieurs décennies, une situation qu’il qualifie d’« aberrante ». Alors que l’arrière-pays des villes est utilisé pour les projets logistiques, la question de la réglementation écrite reste centrale.

« Dans les zones industrielles, la logistique est interdite. C’est totalement incohérent, » déclare Hakim Belmâachi, président de Disway. Il souligne que la proximité entre les acteurs logistiques et industriels est cruciale pour l’externalisation des stocks.

Une année charnière : 2025

Aujourd’hui, le secteur logistique marocain approche d’un tournant décisif. En 2024, l’AMDL a intensifié la structuration des zones logistiques, avec environ 200 hectares sécurisés dans le cadre d’un programme visant 750 hectares d’ici 2028. Ce projet repose sur un partenariat public-privé solide, avec des avancées notables, comme le lancement de la zone logistique au sud d’Ait-Melloul.

Chantiers à venir

  • Démarrage de grands projets à Casablanca-Sud, Kénitra et Béni-Mellal en 2025
  • Aménagement de structures logistiques adaptées dans les provinces du sud
  • Accélération des investissements privés

La dynamique est en marche avec des investissements dépassant 1,1 milliard de dirhams pour des projets structurants, mais le foncier constitue toujours un problème à surmonter.

Coûts et enjeux du foncier

Selon Anass Moutaoukil, directeur général de Building & Logistic Services, le coût de construction d’un bâtiment logistique peut représenter de 70% à 80% du coût total d’un investissement. La disponibilité de terrains adaptés est indispensable pour que les entreprises soient compétitives.

Questions à considérer

  • Le foncier est-il directement exploitable ?
  • Quel est le coût réel de raccordement aux infrastructures ?
  • À quel prix l’offre de l’AMDL sera-t-elle mise sur le marché ?

Réponse de l’AMDL

L’AMDL joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des entreprises. Elle œuvre pour la mise à disposition de terrains neufs dans diverses régions du Maroc. Cependant, il est nécessaire d’accélérer l’identification de ces espaces et la préparation des plans et autorisations, souvent un processus long.

Hicham Mellakh, président de la Commission logistique et foncier à la CGEM, rappelle que les exigences pour le foncier logistique sont différentes de celles du foncier industriel. L’efficacité logistique dépend également des infrastructures routières et du coût des camions.

Le coût de construction, notamment dans des zones comme Mohammedia, peut atteindre jusqu’à 2.000 dirhams par mètre carré à cause des travaux de terrassement. En revanche, l’absence de tels coûts dans une zone industrielle comme Roches Noires facilite l’installation.

Conclusion

Pour le secteur logistique marocain, le développement du foncier reste un enjeu crucial. Les acteurs du secteur appellent à une régulation plus souple pour favoriser les projets. Le prix cible pour un opérateur logistique ne devrait pas dépasser 250 dirhams le mètre carré afin de préserver la rentabilité des opérations.

FAQ

Qu’est-ce que l’AMDL ?

L’AMDL est l’Agence Marocaine de Développement de la Logistique, responsable de la structuration du secteur logistique.

Quel est l’objectif principal de l’AMDL ?

Aménager 750 hectares de zones logistiques d’ici 2028.

Quels sont les principaux défis pour le secteur ?

Les défis incluent la disponibilité du foncier, les coûts élevés et des réglementations restrictives.

Quel montant d’investissements est prévu en 2024 ?

Plus de 1,1 milliard de dirhams seront investis dans des projets structurels.



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